Labour Studies Index

L’action syndicale à l’international vue du Sud : du global au local ou du local au global?

Document type Article
Author Lévesque, Christian
Author Adanhounme, Armel
Journal Relations Industrielles / Industrial Relations
Volume 68
Date 2013
ISSN 0034-379X, 1703-8138
Pages 239-260
URL http://www.erudit.org/fr/revues/ri/2013-v68-n2-ri0631/1016318ar/resume/

Abstract

Ce texte propose une relecture du débat sur l’action syndicale à l’international entre la construction de coalitions globales et le développement de réseaux locaux. Il se base sur le récit des représentants syndicaux du secteur minier au Ghana et au Mexique. Les stratégies syndicales sont saisies sous les trois dimensions analytiques que sont les espaces de l’action syndicale à l’international, les modes d’interaction et le cadre de référence. L’objectif de l’article vise à comprendre comment les syndicats nationaux naviguent entre le local et le global, et les facteurs qui les poussent et les attirent vers les espaces transnationaux.Alors que les deux syndicats sont engagés dans un processus de renouvellement de leur action, leur stratégie transnationale diffère : les Ghanéens sont engagés dans le développement de nouvelles aptitudes et de nouveaux savoir-faire et les Mexicains dans la construction des coalitions. Ces constats suggèrent que l’action syndicale à l’international est fonction des contingences nationales. Primo, le syndicat ghanéen intervient surtout au niveau continental africain et privilégie le développement des compétences locales et nationales. De son côté, le syndicat mexicain est présent aussi bien au niveau continental nord-américain que transnational, notamment dans des campagnes de solidarité. Secundo, les Ghanéens entretiennent de faibles liens avec les autres syndicats. De l’autre, les Mexicains sont engagés dans un large répertoire d’action avec les syndicats nord-américains et les fédérations internationales. Tertio, les Ghanéens conçoivent leurs intérêts sur la base d’une forte identité clanique et définissent leur engagement international en termes de ressources. Pour leur part, les Mexicains bâtissent des coalitions transnationales sur la base d’une identité de classe.Allant au-delà de la dichotomie entre le local et le global, les stratégies syndicales à l’international sont socialement construites et localement enracinées. Elles s’expliquent par la dynamique de l’économie politique dans laquelle se trouvent insérés ces syndicats et les structures d’opportunité transnationale à leur portée.