Labour Studies Index

Words at Work: Constructing a Labour Conflict

Document type Article
Author Reshef, Yonatan
Author Keim, Charles
Journal Relations Industrielles / Industrial Relations
Volume 71
Date 2016
ISSN 0034-379X, 1703-8138
Pages 247-273
URL http://www.erudit.org/fr/revues/ri/2016-v71-n2-ri02537/1036609ar/

Abstract

Summary: We use the 2011-12 conflict between the British Columbia Teachers’ Federation (BCTF) and the British Columbia (BC) government to explore how the union president, Susan Lambert, used language to bring the conflict into being and mobilize union members in opposition to the government. We use newspaper articles and archival material from mid-2011 to June 2012 to explore how Lambert identified the core issues and actors, prescribed roles, relationships and actions, and, importantly, inspired a will to act in union members and supporters.To explore how she constructed the conflict, we adopt a mobilization theory developed by scholars of social movement organizations (SMO). Snow and Benford (1988: 200-202) conceptualize three core pillars of conflict: 1- diagnostic framing identifies a problem, attributes blame or causality, and identifies the key actors; 2- prognostic framing offers a solution and identifies strategies, tactics and targets; 3- motivational framing provides a call to arms, or rationale for action while inspiring an urge to act among members and supporters. In exploring how she urged action among members, we use the four archetypal legitimation strategies identified by Van Leeuwen (2008) and Van Leeuwen and Wodak (1999): authorization, rationalization, moralization and mythopoesis.McAdam (1982: 48) argues that before collective action can begin people must come to view their situation as unjust and subject to change. We use the above framework to structure our exploration of how the union president used language to frame members’ understanding of the conflict. Through language she ushered the reality of labour conflict into being and constructed a reality in which union members could identify themselves as agents of protest and change. // Dans cet article, nous nous penchons sur le conflit de travail, survenu en 2011-2012, entre la Fédération des enseignants-es de la Colombie-Britannique et le gouvernement de cette province, afin d’examiner de quelle manière la présidente de cette fédération, Susan Lambert, a utilisé le langage pour amener ses membres à réaliser l’ampleur du conflit et les mobiliser contre le gouvernement. À cette fin, nous avons passé en revue des articles de quotidiens et des documents d’archives couvrant la période s’étendant de la mi-2011 à juin 2012, dans le but de cerner comment Mme Lambert est parvenue à identifier les enjeux et les acteurs cruciaux, attribuer les rôles, établir les relations et les actions, et, surtout, comment elle a réussi à inspirer une volonté d’agir chez les membres et leurs partisans.Pour explorer comment elle a « construit » le conflit, nous adoptons une théorie de la mobilisation développée par des universitaires qui ont étudié les mouvements sociaux organisés. Snow et Benford (1988 : 200-202) ont conceptualisé trois piliers-clés du conflit : 1-élaboration du diagnostic, soit identifier un problème, en attribuer le blâme ou la cause, et identifier les acteurs-clés; 2- élaboration du pronostique, soit offrir une solution et en identifier les stratégies, tactiques et cibles; et, enfin, 3- élaboration de la motivation, soit faire un appel aux armes ou offrir un argumentaire qui convaincra les membres et les partisans de l’urgence de passer à l’action. Pour analyser la manière dont la présidente a réussi cela, nous nous référons aux quatre stratégies de légitimation identifiées par Van Leeuwen (2008), et Van Leeuwen et Wodack (1999) : autorisation, rationalisation, moralisation et construction d’un mythe.McAdam (1982 : 48) soutient qu’avant qu’une action collective ne débute, il faut que les personnes concernées considèrent leur situation comme étant injuste et devant être changée. Nous nous servons de ce cadre d’analyse pour explorer la manière dont la présidente a utilisé le langage pour « construire » cette vision. Grâce au langage utilisé, elle est parvenue à faire ressortir les enjeux du conflit et à « construire une réalité » où les membres ont pu s’identifier comme agents de changement et acteurs de la protestation.