Labour Studies Index

The Invisibilization and Denial of Work in Argentinian Garment Homework

Document type Article
Author Burchielli, Rosaria
Author Delaney, Annie
Journal Relations Industrielles / Industrial Relations
Volume 71
Date 2016
ISSN 0034-379X, 1703-8138
Pages 468-493
URL http://www.erudit.org/fr/revues/ri/2016-v71-n3-ri02686/1037661ar/

Abstract

Homeworkers are a globally significant part of the informal workforce, commonly regarded as invisible because their work is not recognized (Burchielli et al., 2008; Prugl, 1999). In this qualitative study, we examine homeworker invisibility in the case of Argentinian garment homework using the concepts of work invisibilization and work denial.The work invisibilization concept (Krinsky and Simonet, 2012), referring to devalorized work resulting from the neoliberal agenda, is used to understand recent global trends away from standard work arrangements/protections. Arising from the social relations of domination, invisibilized work is precarious, with irregular/ non-existent employment contracts and relationships. Invisibilization thus provides a valuable lens for analysing homework, which shares key characteristics with emerging forms of invisibilized employment. Homework however, has not transformed but has always been informal, characterized by inferior standards. To account for this, we articulate a concept of denial of work.Cohen's (2001) concept of denial describes broad dimensions, including different forms, strategies and levels of denial. Adapting these, we construct a framework to analyze the denial of Argentinian garment homework, enabling a detailed examination of the specific social actors and processes involved in casting homework as non-work.In considering the denial of homework in relation to invisibilization, we argue that these are related but distinct concepts. Used together, they help explain the low-power condition of two types of garment homeworkers in Argentina while also accounting for their differences: the mostly male, migrant workers employed in clandestine workshops (such as the Bolivians interviewed in our study), and the traditional, mostly female, Argentinian garment homeworkers.Our findings suggest that Bolivian immigrant homeworkers are partially visibilized due to NGO advocacy. However, as there are no improvements to their working conditions, they remained largely invisibilized through the effects of capitalism. By contrast, traditional women homeworkers have no representation and internalize their condition: their invisibilization is explained by the cumulative effects of capitalism and patriarchy. // Globalement, les travailleurs à domicile constituent une partie importante de la main-d'oeuvre informelle et ils sont communément considérés invisibles parce que leur travail n'est pas reconnu (Burchielli et al., 2008; Prugl, 1999). Dans cette étude qualitative, nous examinons l'invisibilité du travailleur à domicile dans l'industrie argentine du vêtement à domicile, en recourant aux concepts d'invisibilité et de déni du travail.Le concept d'invisibilité du travail (Krinsky et Simonet, 2012), lequel réfère à la dévalorisation du travail résultant de l'agenda néolibéral, est utilisé pour comprendre les tendances globales récentes d'éloignement des protections ou des contrats de travail « standard ». Découlant des relations sociales de domination, le travail invisible est précaire, avec des contrats de travail et des relations d'emploi nonexistants ou irréguliers. Le processus d'invisibilité procure alors une loupe intéressante pour analyser le travail à domicile, lequel partage certaines caractéristiques clés avec les formes émergentes de l'emploi invisible. L'emploi à domicile, toutefois, ne s'est pas transformé, mais a toujours été de nature informelle, caractérisé par des conditions de travail inférieures. Afin de rendre compte de ce phénomène, nous développons le concept de déni de l'emploi.Ce concept, emprunté à Cohen (2001), décrit de grandes dimensions, incluant diverses formes, stratégies et niveaux de déni. Adaptant cette réflexion théorique, nous avons construit un cadre d'analyse du déni de l'emploi à domicile dans l'industrie argentine du vêtement, permettant un examen en détail des acteurs sociaux et des processus spécifiques impliqués dans l'édification de ces emplois à domicile comme du non-travail.En considérant le déni de l'emploi à domicile en relation avec le concept d'invisibilité, nous soutenons qu'il s'agit là de deux concepts reliés, mais distincts. Pris ensemble, ils aident à expliquer les conditions de faible puissance de deux types d'emploi à domicile dans l'industrie du vêtement en Argentine, tout en rendant compte de leurs différences : d'abord, celui des travailleurs, principalement des hommes et immigrants, employés dans des ateliers clandestins (comme les Boliviens interviewés dans notre étude); et, ensuite, le secteur traditionnel de l'emploi à domicile argentin, composé principalement de femmes.Nos résultats suggèrent que les travailleurs à domicile immigrants boliviens sont partiellement rendus visibles grâce au travail de défense de leurs intérêts par des organisations non-gouvernementales (ONG). Toutefois, comme il n'y a pas d'améliorations de leurs conditions de travail, ils demeurent largement invisibles sous les effets du capitalisme. En revanche, les travailleuses à domicile traditionnelles ne sont pas représentées et, de ce fait, elles internalisent leurs conditions : leur invisibilité s'explique par les effets cumulatifs du capitalisme et du patriarcat.