Labour Studies Index

Assurer son employabilité militante externe par la mobilisation du capital social : le cas des ex-permanents syndicaux lors d’une reconversion en dehors du syndicat

Document type Article
Author Grima, François
Author Becdelièvre, Pauline de
Journal Relations Industrielles / Industrial Relations
Volume 72
Date 2017
ISSN 0034-379X, 1703-8138
Pages 345-369
URL http://www.erudit.org/fr/revues/ri/2017-v72-n2-ri03115/1040404ar/

Abstract

À partir d’une recherche qualitative auprès de 48 ex-militants syndicaux ayant eu plus de 80% de leur temps de travail pour leur syndicat, de 10 directeurs des Ressources humaines et de trois organisations syndicales, une organisation patronale et un cabinet d’accompagnement, cet article questionne la reconversion des militants syndicaux en dehors de la sphère syndicale. En s’appuyant sur le contexte français et la littérature existante sur la reconversion des militants syndicaux, nos travaux soulignent les stratégies mises en place par les ex-militants afin d’assurer leur employabilité militante externe.Ces stratégies sont influencées par la perception qu’ils ont de leur employabilité. Plusieurs facteurs externes et individuels affectent cette perception. Les facteurs individuels sont le capital social perçu, la nature du départ (subi ou volontaire), le niveau de poste précèdent et le niveau atteint dans l’organisation syndicale. Ces facteurs individuels n’expliquent pas tout. D’autres facteurs externes, tels la stigmatisation dont peut faire l’objet le militant à cause de son engagement syndical, le lien contractuel et l’accompagnement du syndicat, expliquent la perception que le militant a de son employabilité. Celle-ci entraine soit une non mobilisation du capital social, soit une mobilisation offensive du capital social. Dans ce dernier cas, l’ex-permanent peut subir une phase d’observation de la part de l’entreprise d’accueil.En s’intéressant à la reconversion syndicale, cette recherche constitue un renversement de positionnement par rapport aux nombreux travaux analysant la carrière syndicale. Le capital social des militants n’est plus pensé au sein de l’organisation syndicale, mais en dehors de celle-ci, et il permet de proposer le concept d’employabilité militante externe, à savoir la capacité d’un ex-militant syndical d’obtenir un travail et de se maintenir en emploi en dehors du syndicat grâce à la mobilisation de son capital social. // Title in English: Ensuring external activist employability by mobilizing social capital : the case of ex-full time unionists after a professional transition outside of their unions. Based on qualitative research involving 48 former unionists who worked for more than 80% of their time for the union, 10 human resource directors and three union organizations, one employers’ organization and one outplacement company specialized in this type of transition, this article considers the transition of ex-activists to work outside the trade union sphere. Based on the French context and the existing literature on the transition of trade union activists, our work highlights the strategies mobilized by ex-unionists to ensure their external activist employability.These strategies are influenced by their perceived employability. Several external and individual factors impact this perception. Individual factors include : perceived social capital, the nature of the departure (suffered or voluntary), the level of post preceding the transition and the level in the trade union organization. However, these individual factors do not explain everything. Other external factors, such as the stigmatization of the activist linked to his union work, the contractual relationship, and the support of the union explain the unionist’s perceived employability. This leads either to a non-mobilization of social capital or to an offensive mobilization of social capital. In this latter case, the former employee could be placed under observation by the host company.By looking at the transitions of unionists, this research is a reversal of the position taken in many studies analyzing the unionist’s career. The social capital of activists is no longer defined within the trade union organization, but outside of it. This allows us to put forward the concept of external activist employability as the capacity of a unionist to obtain and maintain a job outside the union sphere through the mobilization of social capital.